Dermatologie esthétique

Cicatrices d'acné : les solutions dermatologiques pour retrouver une peau lisse

Les cicatrices d’acné sont un héritage douloureux qui affecte l’estime de soi de nombreuses personnes bien après que l’acné active ait disparu. Ces marques en creux ou en relief témoignent de la destruction du collagène et de l’élastine causée par l’inflammation sévère des lésions acnéiques. Aujourd’hui, la dermatologie dispose d’un arsenal thérapeutique varié pour atténuer significativement ces cicatrices et restaurer une texture cutanée plus uniforme.

Les différents types de cicatrices d’acné

Les cicatrices d’acné ne sont pas toutes identiques, et leur classification guide le choix du traitement. Les cicatrices atrophiques, les plus fréquentes, sont des dépressions dans la peau causées par une perte de tissu. Elles se subdivisent en trois catégories. Les cicatrices en pic à glace sont étroites, profondes et à bords abrupts, comme de petits trous percés dans la peau. Elles sont les plus difficiles à traiter en raison de leur profondeur.

Les cicatrices en U, ou boxcar, sont des dépressions à fond plat et à bords verticaux bien définis, de largeur et de profondeur variables. Les cicatrices ondulées, ou rolling scars, sont des dépressions larges à bords en pente douce qui donnent à la peau un aspect ondulé et irrégulier. Elles résultent d’adhérences fibreuses entre le derme et les tissus sous-cutanés qui tirent la peau vers le bas.

Les cicatrices hypertrophiques et les chéloïdes sont en relief. Elles résultent d’une production excessive de collagène lors de la cicatrisation. Les cicatrices hypertrophiques restent dans les limites de la lésion initiale et peuvent s’aplatir avec le temps, tandis que les chéloïdes débordent au-delà et ne régressent pas spontanément. Les taches résiduelles, rouges ou brunes, qui persistent après les boutons ne sont pas des cicatrices au sens strict mais des marques post-inflammatoires qui s’estompent spontanément en quelques mois.

Le laser fractionné pour remodeler la peau

Le laser fractionné est aujourd’hui l’un des traitements les plus efficaces des cicatrices d’acné. Il crée des microcolonnes de dommage thermique dans le derme, entourées de zones de peau intacte, ce qui stimule la production de nouveau collagène et le remodelage progressif du tissu cicatriciel. Les zones de peau saine servent de réservoir cellulaire pour accélérer la cicatrisation.

Le laser fractionné ablatif, comme le CO2 fractionné ou l’Erbium fractionné, vaporise de fines colonnes de peau et offre les résultats les plus significatifs. Les suites comprennent une rougeur et un suintement pendant quelques jours, suivis d’une desquamation et d’une rougeur persistante pendant une à deux semaines. Le laser fractionné non ablatif provoque un échauffement du derme sans détruire la surface, avec des suites plus légères mais des résultats plus progressifs nécessitant davantage de séances.

Un protocole de trois à cinq séances de laser fractionné, espacées de quatre à huit semaines, permet d’obtenir une amélioration significative des cicatrices d’acné. Les résultats continuent de s’améliorer pendant plusieurs mois après la dernière séance grâce au remodelage collagénique en cours. Le laser est particulièrement efficace sur les cicatrices ondulées et les cicatrices en U de profondeur modérée.

Les techniques complémentaires au laser

Le microneedling, ou dermopénétration, utilise de fines aiguilles pour créer des micro-perforations dans la peau, stimulant la production de collagène et d’élastine. Cette technique est efficace sur les cicatrices ondulées et les cicatrices en U peu profondes. Elle est bien tolérée par tous les phototypes, ce qui constitue un avantage par rapport au laser qui comporte un risque d’hyperpigmentation sur les peaux foncées. Plusieurs séances sont nécessaires, espacées de quatre à six semaines.

La subcision est une technique chirurgicale minimale qui consiste à insérer une aiguille sous les cicatrices déprimées pour libérer les adhérences fibreuses qui les maintiennent ancrées en profondeur. Cette technique est particulièrement indiquée pour les cicatrices ondulées. Elle peut être associée à une injection d’acide hyaluronique sous la cicatrice pour maintenir le soulèvement obtenu et stimuler la néocollagénèse.

L’excision au punch est la technique de choix pour les cicatrices en pic à glace, trop profondes et trop étroites pour répondre au laser. Le dermatologue utilise un emporte-pièce de petit diamètre pour retirer la cicatrice et suture les bords. La petite cicatrice linéaire résultante est beaucoup moins visible que la cicatrice en pic à glace initiale et peut être ensuite améliorée par laser. L’acide trichloracétique à haute concentration, appliqué ponctuellement au fond des cicatrices en pic à glace, constitue une alternative pour les atténuer progressivement.

Les peelings chimiques et les injections

Les peelings chimiques moyens à profonds contribuent à l’amélioration des cicatrices d’acné en éliminant les couches superficielles de la peau et en stimulant le renouvellement cellulaire et la production de collagène. L’acide trichloracétique à des concentrations de vingt à trente-cinq pour cent est le plus utilisé dans cette indication. Les peelings sont particulièrement adaptés aux cicatrices superficielles et aux irrégularités de texture associées.

L’injection d’acide hyaluronique dans les cicatrices atrophiques permet un comblement immédiat qui améliore la surface cutanée. Ce résultat est temporaire, le produit se résorbant en plusieurs mois, mais des injections répétées peuvent stimuler la production de collagène endogène et apporter une amélioration progressive. Les injections de toxine botulique sont parfois utilisées en complément pour détendre les muscles peauciers et réduire la tension sur les cicatrices.

Les cicatrices hypertrophiques et les chéloïdes bénéficient d’un traitement différent, associant injections intralésionnelles de corticoïdes, pansements compressifs en silicone et parfois laser vasculaire. Les corticoïdes injectés directement dans la cicatrice réduisent l’inflammation et la production excessive de collagène, entraînant un aplatissement progressif de la lésion.

Construire un plan de traitement personnalisé

La prise en charge des cicatrices d’acné est rarement fondée sur une technique unique. Le dermatologue élabore un plan de traitement combinant plusieurs approches en fonction du type de cicatrices prédominant, de leur profondeur, du phototype du patient et de ses attentes. Cette approche multimodale permet d’obtenir les meilleurs résultats.

Il est essentiel de traiter l’acné active avant de s’attaquer aux cicatrices. Tant que de nouvelles lésions inflammatoires apparaissent, le risque de formation de nouvelles cicatrices persiste et compromet les résultats du traitement des cicatrices existantes. Le dermatologue stabilise d’abord l’acné, puis planifie le traitement des cicatrices.

Les attentes doivent être réalistes : l’objectif est d’améliorer significativement la texture et l’apparence de la peau, mais l’effacement complet des cicatrices est rarement possible. Une amélioration de cinquante à soixante-dix pour cent est un résultat très satisfaisant qui transforme l’apparence et la confiance en soi du patient. Le traitement des cicatrices d’acné est un investissement de patience qui se déroule sur plusieurs mois, mais les résultats, cumulatifs et durables, en valent la peine.

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