Traitements

La chirurgie dermatologique : interventions courantes et déroulement pratique

Un grain de beauté qui change, un kyste gênant, un carcinome à retirer : la chirurgie dermatologique couvre un large éventail d’interventions sur la peau. La plupart se font sous anesthésie locale, directement au cabinet du dermatologue, et le patient rentre chez lui le jour même.

Quand opérer ? Les principales indications

La première raison de la chirurgie dermatologique, c’est le retrait de lésions suspectes. Quand un grain de beauté présente des signes inquiétants à l’examen clinique et au dermoscope, le dermatologue procède à une exérèse pour analyse au microscope. Ce geste pose le diagnostic définitif et vérifie que la lésion a été retirée en totalité, avec des marges de sécurité suffisantes.

Les carcinomes cutanés (basocellulaires et épidermoïdes) se traitent principalement par chirurgie. Le carcinome basocellulaire, cancer cutané le plus fréquent, évolue lentement et ne donne quasiment jamais de métastases, mais il peut détruire les tissus localement si on le laisse évoluer. Le carcinome épidermoïde, potentiellement plus agressif, exige une exérèse avec des marges adaptées.

On opère aussi des lésions bénignes qui gênent au quotidien : kystes, lipomes, fibromes pendulaires, verrues résistantes, cicatrices disgracieuses ou ongles incarnés. Ces interventions répondent à un besoin fonctionnel ou esthétique.

Les techniques utilisées

L’exérèse elliptique est le geste de base. Le dermatologue dessine un fuseau autour de la lésion, en suivant les lignes de tension de la peau pour une meilleure cicatrisation. Il retire la lésion en profondeur avec une marge de peau saine, puis suture. Les fils sont retirés une à trois semaines plus tard selon la zone opérée.

La biopsie cutanée prélève un fragment de peau pour l’analyser au microscope. Le punch (emporte-pièce cylindrique de quelques millimètres) donne un prélèvement qui traverse toutes les couches de la peau. La biopsie incisionnelle prélève un morceau d’une grande lésion sans la retirer entièrement.

La chirurgie de Mohs est une technique spécialisée pour certains cancers du visage. Elle retire la tumeur couche par couche, chaque couche étant examinée immédiatement au microscope. On s’assure ainsi d’avoir tout enlevé avec les marges les plus fines possibles, ce qui préserve un maximum de tissu sain. C’est précieux sur le nez, les paupières ou les oreilles, où chaque millimètre de peau compte.

Comment se passe l’intervention

Avant l’opération, le dermatologue examine la lésion, explique le geste prévu, discute des risques et des bénéfices, et recueille le consentement du patient. Il vérifie les traitements en cours (anticoagulants surtout, qui peuvent nécessiter un avis cardiologique) et prescrit un éventuel bilan sanguin.

L’intervention se fait au cabinet ou en ambulatoire, sous anesthésie locale à la lidocaïne. La piqûre est le moment le moins agréable, mais la douleur est brève. L’anesthésie agit en quelques minutes, et l’intervention est indolore. Le dermatologue retire la lésion, arrête le saignement et suture.

La pièce retirée part systématiquement au laboratoire d’anatomopathologie. Le résultat arrive en une à deux semaines : il confirme le diagnostic et vérifie que les marges sont saines. Si elles sont insuffisantes, une reprise chirurgicale peut être nécessaire. Le patient repart avec des consignes de soins écrites et un rendez-vous pour le retrait des fils.

Suites opératoires et cicatrisation

Les suites sont habituellement simples. La douleur reste modérée, contrôlée par du paracétamol. Un pansement couvre la plaie les premiers jours, renouvelé quotidiennement. Mieux vaut éviter les efforts physiques intenses, les bains et la piscine jusqu’au retrait des fils.

Les complications sont rares. Un saignement peut survenir dans les heures qui suivent, surtout en cas d’activité physique ou de prise d’aspirine. Une infection se manifeste par une rougeur croissante, un gonflement, une douleur et parfois un écoulement purulent : il faut consulter rapidement. La cicatrice peut aussi se désunir si la zone est trop mise en tension ou si les fils sont retirés trop tôt.

La cicatrisation définitive prend plusieurs mois. D’abord rouge et indurée, la cicatrice s’assouplit et pâlit sur six mois à un an. Protéger la cicatrice du soleil pendant toute cette période évite une hyperpigmentation durable. Des crèmes cicatrisantes ou des pansements siliconés peuvent aider.

Surveillance après chirurgie d’un cancer cutané

Après le retrait d’un cancer de la peau, un suivi régulier chez le dermatologue est indispensable. Le risque de récidive locale et le risque de développer un nouveau cancer justifient une surveillance au long cours. Pour un carcinome basocellulaire, un examen annuel suffit généralement. Pour un carcinome épidermoïde ou un mélanome, le rythme est plus rapproché et adapté au stade de la tumeur.

Le patient doit renforcer sa protection solaire, surveiller régulièrement sa peau et consulter vite en cas de nouvelle lésion suspecte. Avoir eu un cancer cutané augmente le risque d’en développer un autre, ce qui rend cette vigilance d’autant plus utile.

Si vous avez une lésion qui vous inquiète, qui change d’aspect ou qui saigne sans raison, prenez rendez-vous sans tarder. Plus une lésion suspecte est prise en charge tôt, meilleur est le résultat.

Besoin de consulter un dermatologue ?

Trouvez un spécialiste de la peau près de chez vous grâce à notre annuaire.

Trouver un dermatologue
← Retour au blog