La photothérapie UVB : un traitement par la lumière pour les maladies de peau
La photothérapie est une technique thérapeutique qui utilise les propriétés de la lumière ultraviolette pour traiter certaines maladies inflammatoires et pigmentaires de la peau. Les rayons UVB à spectre étroit représentent aujourd’hui la forme de photothérapie la plus utilisée en dermatologie, offrant un bon rapport efficacité-sécurité. Ce traitement, pratiqué en cabinet de dermatologie ou en milieu hospitalier, constitue une option thérapeutique précieuse pour de nombreux patients.
Le principe de la photothérapie UVB
La photothérapie UVB à spectre étroit utilise des lampes émettant des rayons ultraviolets B à une longueur d’onde précise de 311 nanomètres. Cette longueur d’onde a été identifiée comme la plus efficace sur le plan thérapeutique tout en minimisant les effets néfastes associés aux autres longueurs d’onde du spectre UVB. Les cabines de photothérapie sont équipées de tubes fluorescents spéciaux disposés autour du patient pour assurer une irradiation homogène de l’ensemble du corps.
Les UVB exercent plusieurs actions bénéfiques sur la peau. Ils ont un effet immunomodulateur qui réduit l’inflammation locale en agissant sur les cellules immunitaires de la peau, notamment les lymphocytes T impliqués dans les maladies inflammatoires comme le psoriasis et l’eczéma. Ils stimulent la production de mélanine par les mélanocytes, ce qui est exploité dans le traitement du vitiligo. Ils ralentissent la prolifération excessive des kératinocytes observée dans le psoriasis.
La photothérapie se distingue des cabines de bronzage par plusieurs aspects fondamentaux. Le spectre lumineux est contrôlé avec précision, les doses sont calibrées individuellement par le dermatologue, et le traitement fait l’objet d’un suivi médical régulier. Les cabines de bronzage, qui émettent principalement des UVA, ne constituent en aucun cas un substitut à la photothérapie médicale et sont déconseillées par les dermatologues.
Les indications de la photothérapie UVB
Le psoriasis en plaques modéré à sévère est l’indication principale de la photothérapie UVB. Le traitement est particulièrement adapté lorsque les lésions sont étendues et que les traitements topiques seuls ne suffisent plus, mais que la sévérité ne justifie pas encore un traitement systémique. La photothérapie peut également être associée aux traitements locaux pour en potentialiser l’effet.
Le vitiligo, maladie caractérisée par une dépigmentation de la peau en plaques, répond favorablement à la photothérapie UVB qui stimule les mélanocytes résiduels dans les zones dépigmentées. Le traitement du vitiligo par photothérapie est long, nécessitant souvent plusieurs mois de séances régulières, et la repigmentation se fait progressivement à partir des bords des plaques et des follicules pileux.
La dermatite atopique modérée à sévère, le mycosis fongoïde au stade précoce, le pityriasis rosé de Gibert, le prurigo nodulaire et le prurit chronique font partie des autres affections traitées par photothérapie UVB. Chez les femmes enceintes, la photothérapie constitue une option thérapeutique intéressante car elle évite l’exposition à des médicaments systémiques potentiellement tératogènes.
Le déroulement pratique des séances
Avant le début du traitement, le dermatologue détermine la dose minimale érythémateuse du patient, c’est-à-dire la plus petite dose d’UVB capable de provoquer un léger rougissement de la peau. Cette mesure permet d’individualiser le protocole et de commencer le traitement à une dose adaptée au phototype du patient, réduisant ainsi le risque de brûlure.
Les séances se déroulent deux à trois fois par semaine, idéalement avec un intervalle d’au moins quarante-huit heures entre deux séances. Le patient entre dans la cabine de photothérapie en sous-vêtements, protégeant systématiquement les yeux avec des lunettes opaques spécifiques et les zones génitales. La durée d’exposition commence à quelques secondes et augmente progressivement à chaque séance selon un protocole défini par le dermatologue.
Un cycle complet de photothérapie comprend généralement vingt à trente séances. L’amélioration est progressive et devient visible après une dizaine de séances dans le psoriasis. Le nombre total de séances et la fréquence sont adaptés à la réponse individuelle du patient. Après obtention d’une bonne réponse, le traitement est progressivement espacé puis arrêté. Des séances d’entretien peuvent être proposées pour prolonger la rémission.
Les précautions et les effets secondaires
La photothérapie UVB est un traitement globalement bien toléré, mais qui nécessite des précautions. Le risque principal à court terme est la brûlure cutanée, similaire à un coup de soleil, qui survient lorsque la dose administrée est trop élevée. C’est pourquoi l’augmentation des doses est progressive et le patient est invité à signaler toute rougeur excessive après une séance.
La sécheresse cutanée est un effet secondaire fréquent qui peut être prévenu par l’application régulière d’un émollient après chaque séance. Le prurit peut être temporairement exacerbé en début de traitement avant de s’améliorer. Certains médicaments photosensibilisants sont contre-indiqués pendant la photothérapie, et le dermatologue vérifie les traitements en cours avant de débuter les séances.
À long terme, l’exposition cumulée aux ultraviolets, même thérapeutiques, contribue au vieillissement cutané et pourrait augmenter le risque de cancer de la peau. C’est pourquoi le nombre total de séances reçues au cours d’une vie est comptabilisé et limité. Le dermatologue évalue régulièrement le rapport bénéfice-risque et peut orienter vers une autre modalité thérapeutique si le nombre de séances cumulées devient trop élevé.
Les alternatives à la photothérapie en cabine
La photothérapie ciblée utilise des appareils qui émettent un faisceau d’UVB concentré sur les zones atteintes, épargnant la peau saine environnante. Le laser excimer à 308 nanomètres et les lampes UVB ciblées sont particulièrement adaptés au traitement de lésions localisées, comme les plaques de psoriasis isolées ou les petites zones de vitiligo. Ces techniques permettent de délivrer des doses plus élevées sur la zone cible tout en réduisant l’exposition cumulée globale.
La PUVAthérapie, associant un médicament photosensibilisant, le psoralène, à une exposition aux UVA, était autrefois la référence de la photothérapie dermatologique. Elle reste utilisée dans certaines indications résistantes mais a été largement supplantée par les UVB à spectre étroit en raison d’un profil de tolérance moins favorable et de contraintes pratiques plus importantes.
Le choix entre photothérapie et autres traitements, locaux ou systémiques, dépend de nombreux facteurs : la sévérité de la maladie, sa localisation, les traitements antérieurs, les contre-indications éventuelles et les contraintes logistiques du patient. Les séances régulières en cabinet peuvent en effet être difficiles à concilier avec une activité professionnelle. Le dermatologue discute avec le patient pour trouver la stratégie la mieux adaptée à sa situation.