Traitements

Guide des traitements topiques en dermatologie : crèmes, pommades et gels

Crèmes, pommades, gels, lotions : les traitements topiques sont le quotidien de la dermatologie. On les prescrit dans la majorité des affections cutanées. Pourtant, bien les utiliser n’a rien d’évident. Des erreurs d’application fréquentes peuvent réduire l’efficacité du traitement, voire l’annuler.

Crème, pommade ou gel : quelle différence ?

Le véhicule qui transporte le principe actif n’est pas un détail. Le dermatologue le choisit en fonction de la lésion, de sa localisation et du type de peau.

La crème (émulsion eau-dans-huile ou huile-dans-eau) est la forme la plus polyvalente et la plus agréable. Elle convient à la plupart des zones du corps et aux lésions suintantes ou modérément sèches.

La pommade, plus grasse et plus occlusive, fait mieux pénétrer les principes actifs. Elle est idéale pour les lésions sèches, épaisses et squameuses. Moins cosmétique (aspect luisant), elle est souvent plus efficace que la crème pour un même actif.

Le gel (base aqueuse ou alcoolique) convient aux peaux grasses, au cuir chevelu et aux zones pileuses : pas de résidu gras.

Les lotions et solutions sont des formes liquides adaptées aux grandes surfaces et au cuir chevelu. La mousse, de plus en plus utilisée, est facile à appliquer et bien acceptée. Le choix de la forme galénique a un impact direct sur l’observance : un traitement agréable est mieux suivi.

Les dermocorticoïdes : bien les utiliser

Les dermocorticoïdes sont les anti-inflammatoires topiques les plus prescrits. Ils existent en quatre niveaux de puissance (faible à très forte). Le dermatologue choisit la classe adaptée à la zone, à l’âge du patient et à la sévérité de la maladie. Classe forte sur le corps, classe modérée ou faible sur le visage et les plis.

Pour la quantité, une règle pratique existe : la longueur de la dernière phalange de l’index, déposée sur la pulpe du doigt, couvre une surface équivalente à deux paumes de main. Cette mesure évite le sous-dosage (erreur fréquente liée à la peur des corticoïdes) comme le surdosage. On applique en couche fine, une à deux fois par jour, en massant légèrement.

La durée du traitement est prescrite par le dermatologue. Un arrêt trop tôt expose à la rechute. Une utilisation prolongée sans suivi peut provoquer des effets locaux : amincissement de la peau, vergetures, télangiectasies. Ces effets surviennent surtout en cas de mauvais usage et ne doivent pas conduire à refuser un traitement correctement prescrit.

Les anti-infectieux locaux

Les antibiotiques topiques traitent les infections bactériennes localisées. L’acide fusidique et la mupirocine sont les plus courants, pour les impétigos, les surinfections d’eczéma et les folliculites superficielles. Leur durée d’utilisation doit rester courte (environ une semaine) pour limiter le développement de résistances.

Les antifongiques topiques traitent les mycoses superficielles. Dérivés azolés (kétoconazole, éconazole) et allylamines (terbinafine) sont efficaces contre les dermatophytoses, les candidoses et le pityriasis versicolor. Le traitement dure deux à six semaines selon la localisation et le type de mycose. On poursuit jusqu’au bout, même si les symptômes ont disparu, pour éviter la récidive.

Les antiviraux topiques comme l’aciclovir en crème traitent l’herpès labial. Ils sont les plus efficaces appliqués dès les premiers picotements, avant les vésicules. Les antiparasitaires topiques (perméthrine, benzoate de benzyle) traitent la gale et les pédiculoses.

Rétinoïdes et kératolytiques

Les rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène) sont des traitements de base de l’acné. Ils normalisent la kératinisation du follicule pileux, empêchent la formation des comédons et réduisent l’inflammation. L’adapalène est généralement mieux toléré et souvent prescrit en premier. Application le soir, sur peau sèche, en commençant un jour sur deux pour limiter l’irritation initiale.

Les kératolytiques éliminent squames et couches cornées épaissies. L’acide salicylique traite verrues, callosités et états squameux, à différentes concentrations. L’urée (10 à 30 %) hydrate en même temps qu’elle exfolie. Elle est particulièrement utile dans le psoriasis et les ichtyoses, en préparation avant d’appliquer d’autres traitements.

L’acide glycolique et les autres acides de fruits, à des concentrations médicales, servent d’agents de peeling pour les dyschromies, les cicatrices superficielles et l’amélioration de la texture cutanée. Prescrits par le dermatologue, ils offrent des résultats supérieurs aux produits en vente libre grâce à des concentrations plus élevées.

Bien appliquer ses traitements locaux

L’efficacité d’un topique dépend autant de son application que du bon choix du principe actif. La peau doit être propre et sèche avant l’application (sauf indication contraire). Le traitement se répartit sur toute la zone atteinte, pas seulement sur les lésions les plus visibles. Quand plusieurs topiques sont prescrits, on respecte l’ordre d’application recommandé.

Le stockage compte aussi. Certains produits se conservent au réfrigérateur, d’autres à l’abri de la lumière. La date de péremption et la durée de conservation après ouverture doivent être vérifiées. Un traitement périmé perd en efficacité et peut provoquer des réactions cutanées.

En cas de doute, d’effet secondaire inattendu ou d’absence d’amélioration après le délai indiqué, contactez votre dermatologue. Mieux vaut un appel qu’un arrêt de traitement de votre propre initiative. L’observance reste un facteur clé de réussite.

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