Traitements

La cryothérapie en dermatologie : un traitement par le froid efficace et rapide

La cryothérapie est l’une des techniques les plus anciennes et les plus couramment utilisées en dermatologie. Ce traitement consiste à appliquer un froid extrême sur les lésions cutanées pour les détruire de manière contrôlée. Rapide, efficace et réalisable au cabinet du dermatologue, la cryothérapie est indiquée dans le traitement de nombreuses affections cutanées bénignes et précancéreuses.

Le principe de la cryothérapie dermatologique

La cryothérapie dermatologique utilise principalement l’azote liquide, dont la température avoisine moins cent quatre-vingt-seize degrés Celsius. Appliqué sur la peau, il provoque une cristallisation de l’eau intracellulaire et une destruction des cellules ciblées par un mécanisme de gel-dégel. La congélation rapide suivie d’un réchauffement lent entraîne la mort cellulaire par rupture des membranes et formation de microthromboses vasculaires qui privent les cellules de leur apport sanguin.

L’azote liquide est appliqué de différentes manières. La technique la plus courante utilise un cryosprayer, appareil qui projette un jet fin d’azote liquide directement sur la lésion. Le dermatologue contrôle la durée et l’intensité de la congélation en fonction de la nature, de la taille et de la localisation de la lésion. La cryoapplication par contact, utilisant un embout métallique prérefroidi, permet un traitement plus localisé de petites lésions.

La profondeur de la congélation dépend du temps d’application et de la technique utilisée. Une congélation superficielle suffit pour les lésions épidermiques, tandis qu’une congélation plus profonde est nécessaire pour les lésions atteignant le derme. Le dermatologue adapte ses paramètres à chaque situation pour optimiser l’efficacité tout en limitant les effets sur les tissus sains environnants.

Les principales indications de la cryothérapie

Les verrues constituent l’indication la plus fréquente de la cryothérapie. Les verrues vulgaires des mains, les verrues plantaires et les verrues planes répondent bien au traitement par l’azote liquide, qui détruit les cellules infectées par le papillomavirus. Plusieurs séances espacées de deux à trois semaines sont souvent nécessaires, car les verrues sont des lésions tenaces qui peuvent récidiver.

Les kératoses actiniques, lésions précancéreuses induites par l’exposition solaire chronique, sont une autre indication majeure. Ces taches rugueuses, souvent situées sur le visage, le crâne dégarni et le dos des mains, répondent très bien à la cryothérapie lorsqu’elles sont peu nombreuses et bien individualisées. Le traitement permet de détruire ces lésions avant qu’elles n’évoluent potentiellement vers un carcinome épidermoïde.

Les kératoses séborrhéiques, ces verrues séborrhéiques brunes et en relief fréquentes chez les personnes âgées, sont facilement traitées par cryothérapie à visée esthétique. Les molluscum contagiosum, petits nodules nacrés d’origine virale fréquents chez les enfants, peuvent également être traités par cette technique. La cryothérapie est aussi utilisée pour certains angiomes, les lentigos solaires et d’autres lésions bénignes dont le patient souhaite se débarrasser.

Le déroulement d’une séance

La séance de cryothérapie se déroule au cabinet du dermatologue et ne nécessite pas de préparation particulière. Le médecin commence par examiner la lésion, confirmer le diagnostic et vérifier l’absence de contre-indications. Il informe le patient du déroulement du traitement et des suites attendues.

L’application de l’azote liquide dure quelques secondes à une trentaine de secondes selon la lésion. Le patient ressent une sensation de brûlure froide, comparable à un glaçon maintenu sur la peau, qui est désagréable mais brève et généralement bien tolérée. Chez les enfants ou les patients anxieux, l’application d’une crème anesthésiante locale une heure avant la séance peut améliorer le confort.

Immédiatement après le traitement, la zone traitée blanchit, puis rougit en se réchauffant. Un oedème local apparaît rapidement et une cloque, parfois hémorragique, peut se former dans les heures qui suivent. Cette bulle est normale et ne doit pas être percée. Elle se résorbe spontanément en quelques jours, laissant une croûte qui tombe en une à deux semaines. Le dermatologue remet au patient des consignes de soins post-traitement et fixe un rendez-vous de contrôle si nécessaire.

Les suites et les effets secondaires

Les suites de la cryothérapie sont généralement simples. La douleur, modérée, dure quelques heures et peut être soulagée par un antalgique courant. La zone traitée reste rouge et sensible pendant quelques jours. Il est recommandé de garder la zone propre, d’appliquer un antiseptique et un pansement si nécessaire, et d’éviter les frottements.

La complication la plus fréquente est la dyschromie post-inflammatoire. Une hypopigmentation, pâleur de la zone traitée par rapport à la peau environnante, peut survenir et être définitive, en particulier sur les peaux foncées. À l’inverse, une hyperpigmentation transitoire est possible. C’est pourquoi la cryothérapie doit être utilisée avec précaution sur les phototypes foncés, pour lesquels d’autres techniques peuvent être préférées.

La cicatrice est généralement discrète, mais un résultat cicatriciel inesthétique est possible en cas de congélation trop profonde ou prolongée. Les récidives sont possibles, notamment pour les verrues, et peuvent nécessiter des séances supplémentaires ou le recours à d’autres modalités de traitement. Le suivi dermatologique permet de vérifier la disparition complète de la lésion et de détecter précocement une éventuelle récidive.

Les limites et alternatives à la cryothérapie

La cryothérapie n’est pas adaptée à toutes les situations. Les lésions de grande taille ou les lésions dont la nature exacte est incertaine nécessitent une biopsie ou une exérèse chirurgicale plutôt qu’une destruction par le froid, car la cryothérapie ne permet pas d’analyse histologique du tissu détruit. Les lésions suspectes de malignité doivent toujours être prélevées pour examen au microscope.

Certaines zones du corps sont plus sensibles et nécessitent une attention particulière : les paupières, les ailes du nez, les doigts et les zones proches des nerfs superficiels. Le dermatologue évalue ces risques lors de la consultation et peut orienter vers une alternative thérapeutique si nécessaire.

Les alternatives à la cryothérapie comprennent le curetage, l’électrocoagulation, les traitements topiques comme l’imiquimod ou le 5-fluorouracile pour les kératoses actiniques, et la photothérapie dynamique. Le choix entre ces différentes options dépend de la nature de la lésion, de sa localisation, du nombre de lésions et des préférences du patient. Le dermatologue est le mieux placé pour guider ce choix thérapeutique.

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